mardi 12 février 2013

Sport



Le jeu de la sévérité


La Fédération française de football a tranché dans le lard en mijotant une sanction aux petits oignons pour cinq joueurs sélectionnés chez les Bleuets. “Espoirs! ô désespoir! Jeunesse ennemie”, pourrait soupirer l’ensemble de la commission bien décidée à ne pas prendre racine en éliminant les mauvaises herbes pourtant talentueuses de notre pays fort en choc Ola! Elle n’a toujours pas avalé la cinglante défaite en Norvège (5-3) les privant de l’Euro 2013 en Suède.
Wissam Ben Yedder (Toulouse), Antoine Griezmann (Real Sociedad), Chris Mavinga (Rennes), Mbaye Niang (Milan AC) et le surdoué de sa génération, Yann M’Vila (Rennes toujours et encore). Rien n’est bon dans l’breton quand tombe la punition. Ce dernier, suspendu jusqu’en juin 2014 (ce qui lui laisse le temps de réfléchir devant sa console de jeu) n’est pas à son premier dérapage. Rappelé à l’ordre lors de l’euro 2012 pour avoir refusé de serrer la pogne de son entraineur et d’un coéquipier à sa sortie de jeu, le milieu de terrain de 22 ans s’enfonce dans le pétrin par manque d’avoir été mené plus souvent à la baguette.
Bien que son avocat s’interroge sur un éventuel recours, les hautes instances ne lui porteront secours. Puisque le lavage à Blanc n’a pas réussi, on change de teinturerie. Le nettoyage à sec débute dans un football sali, trahi et trainé dans la boue honteuse depuis cette parodie de coupe du monde en Afrique du Sud. Haré Knysna! Non, ne jetez la pierre trop loin car celle-ci finit toujours par ricocher ailleurs. Les footeux à double nationalité iront voir si la pelouse est plus verte ailleurs. Le fameux débat sur les joueurs français nés à l’étranger va repointer le bout du nez.
Au football, seuls sont autorisés les débordements sur les ailes. En dehors du terrain, les valeurs n’acceptent pas les migrations nocturnes sinon le coq persifleur rappelle systématiquement à l’ordre les sportifs fêtards. L’hymne de la tentation devient celui de la détention. File dans ta chambre, vilain garnement!
Malgré quelques valeureux défenseurs de la cause “touche pas à leur poste” qui campent sur leurs positions, un enterrement de vie de champions semble prédire un avenir sombre dans le football tricolore. La coupe du Monde brésilienne semble bien lointaine à cet instant où je vous écris mes chers amis.
Ambassadeur du bien être et de l’éducation dans sa ville rustique auxerroise, Guy Roux, bouteille de Cristaline à la main, déplore cette sanction grotesque. Anorak bleu électrique serré jusqu’au double menton, bonnet à pompon cadenassé sur la tête, l’entraineur-éleveur au grain de sel interdisait à ses poulbots de caqueter la nuit dans ces endroits sordides, mixtes et alcoolisés appelés discothèques. Qu’on se le dise, les boites de nuit deviennent irrémédiablement des boites à ennuis. En dépit de ses interdictions, ils faisaient le mur, ne picotaient pas du pain dur et à la place se prenaient des murges. En club, ça passe encore. En sélection, un verre ça va. Trois verres, on renvoie les gravats!
La tactique du gendarme Le Graët médaillé à l’incompétence, s’achemine vers une jurisprudence des plus strictes. Son geste de déflagration dans la surface fait l’effet d’une bombe dans le milieu bien “pansant”. Noël, rigide et inflexible, ne fait pas de cadeaux. On ne plaisante pas avec la discipline. Jawohl mein general! 
A l’annonce de cette décision brute de coffrage, j’invite les nombreux spécialistes du ballon rond à se joindre à moi en suggérant au futur prodige dans son centre de déformation ce slogan audacieux: ”attention, le bar t’abat”.
Boucs émissaires à en devenir chèvre, les cinq salopés en prennent pour leur grade en les privant des plus belles années de leur vie…. en bleu.

Hervé Gaudin.

Rumeur... tu meurs!



Let's tweet again


Le réseau social, fort d’incessants remue-méninges fait des siennes chez les célébrités. Tout ce petit monde bienveillant y va de sa petite phrase assassine pour déchiqueter les uns et décapiter les autres. Mais à force de jouer au «serial twitteur », on finit par blesser vraiment. C’est le cas ce week-end de l’imitateur Gérald Dahan qui, victime d’un mauvais bloggeur, annonça par mégarde le décès de la comédienne Sylvie Joly atteinte depuis quelques années de la maladie de Parkinson. Aussitôt dit, aussitôt nocif car la nouvelle fit trembler des milliers d’abonnés. Malheureusement, Gérald Dahan, célèbre piégeur de personnalités (viré successivement de France Inter et Rires & Chansons), s’est fait berner à l’insu de son plein gré sur son propre compte. En cette période de fête d’Halloween, ce « trick ou tweet » a fortement déplu au prédateur radiophage à l’affût par habitude d’une victime facile au son de sa voix maquillée. L’arroseur arrosé eut à peine le temps de verrouiller les robinets que le poison visqueux s’était déjà propagé comme une trainée de poudre et provoqua, céans, des réactions incendiaires. Laurence Boccolini, profondément émue, ne l’épargne d’aucune manière. Jean-Marc Morandini a provoqué un clash payé cash sans cache-cache. Bien sûr, je vous laisse libres juges de mépriser ce lot d’informations destiné aux ragots de moutons de Panurge toujours disposés à engloutir cette soupe immonde et à la recracher sur la toile. A l’instar de Nagui bien résolu à vouloir prendre la place de l'humoriste au top du Tweet Parade. C'est le duel de celui qui twittera plus vite que son nom!
Dans ses chroniques sur la haine ordinaire, Pierre Desproges – mon maître à penser – vomissait sur cette calomnie ancestrale : « On ne peut pas l'étrangler. Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l'anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C'est la rumeur ». Bien que la médiocrité de l’auteur du canular se hisse à la frénésie de son relayeur, le « tweet » est une danse moderne à manier avec précaution. Elle se pratique avec intelligence et prudence. Cependant, s’il vous prenait à piétiner vos compatriotes d’une méthode cavalière, on vous enverra valser. Petit conseil à ces vedettes du net : quand on clique trop, on finit par se prendre des claques.

Hervé Gaudin.

lundi 4 février 2013

Télévision



Danse avec les arrhes

Samedi soir, l’élimination attendue d’Estelle Lefébure fit un effet bluff. A l’issu du vote final, son sourire radieux n’affichait pas la même once de déception décelée dans le regard noisette de Chimène Badi, conviée le 27 octobre à danser dans son salon. On ne BADIne vraiment pas avec la rumba. Comme un malheur ne vient jamais seul, un rôle de guest attendait la belle Estelle dans “Crossing lines” (téléfilm au côté de Marc Lavoine et Donald Sutherland) pendant ses propres répétitions. Par conséquent, elle préférait sécher les cours et ne pas mouiller sa taille de “guêtres” pour réussir son casting. Dans ce polar produit par TF1, peu importe qu’elle ait les yeux revolvers mais elle sait tirer profit des propositions en temps voulu. Peu habile dans la bossa nova, Estelle montre qu’elle a aisément la bosse des affaires.
Bien plus préoccupée par ses obligations contractuelles que par ses prestations artistiques, l’égérie de Mixa Bébé a exécuté un joli pas chassé vers une sortie lucrative sans chouiner.
Avant le lancement de la troisième saison de “Danse avec les stars”, des négociations poussées (on parle de 130000 euros) ont conduit l’ex mannequin à transpirer à grosses gouttes en compagnie de l’élégant Maxime Dereymez. Amel Bent visait autrefois la lune et a bien touché la thune avec un cachet 100000 euros. Lorie la peste n’a nullement pesté contre le fait d’empocher la somme identique. Blessée sentimentalement, elle ne gagne pas seulement à être cocue mais à être grassement rémunérée. On appellerait cela communément la soif de Laure.
Emmanuel ne broie pas du Moire avec ses 60000 euros généreusement promis. Baker prend sa becquée et Taïg Khris se taille la part du lion avec 40000 euros chacun.
J’ignore si Laura Flessel a été payée en liquide mais elle se contentera de la somme rondelette de 30000 euros avec Christophe Dominici raide comme les poteaux du stade Jean Bouin. Gérard Vivès, de loin le plus attachant, se détache du peloton avec un cachet moindre puisqu’il est salarié de la chaine privée. Pour le complice de Vincent Lagaf, j’appelle ça l’injuste prix.
Chers lecteurs, je vous laisse libres de pronostiquer le prochain gagnant de la grande finale qui aura lieu le 1er décembre prochain. Même si l’argent n’a pas d’odeur, les participants connaissent le salaire de la sueur.

Hervé Gaudin.

Mariage pour tous



Big bisou


En 1950 nait le baiser de plus célèbre du monde. La scène se déroule sur la place de l’hôtel de ville à Paris sous l’œil aguerri de Robert Doisneau, icône des photographes modernes. Depuis quelques jours, un autre baiser fait la une de nos canards remplumés par un nouveau torrent médiatique. Pour clouer le bec aux  préjugés, Julia et Auriane, jeunes filles hétérosexuelles, ont irrigué un vrai message  en s’embrassant en pleine manifestation à Marseille contre le mariage gay et l’adoption. Pour le coup, leur enlacement a été adopté par tout le mouvement lesbien. Un pavé dans la mare est jeté à l'encontre des défenseurs de l’ordre moral se bornant à placer des limites aux belles traditions françaises. Au 21ème siècle, pouvons nous toujours considérer que le couple idéal, c’est un monsieur et une madame?
La beauté de ce geste devenu symbolique ne se cantonne pas à deux lèvres pulpeuses collées l’une à l’autre. C’est un acte solidaire, non calculé et complètement gratuit. Pendant ce temps, un groupement de vieilles cathos coincées du bulbe leur criait des insanités. Mais elles s’en fichent éperdument car leur provocation se résume à faire chuter les tabous. En somme, elle cherchaient a les emmerder. Rencontrer deux êtres de sexe identique se promener main dans la main devient banal. En dressant le majeur très haut, leur acte n’est plus mineur. Ce bisou volage n’est pas volé et arrive à «poing» nommé au risque de déplaire à l’association Vita (créée en 1993 par Christine Boutin) farouchement opposée au nouveau projet de loi qui sera présenté le 7 novembre prochain au conseil des ministres. Justement, lors de sa campagne présidentielle, François Hollande se montrait favorable à ce changement (encore un me direz vous!). Etait-ce une démarche purement électorale pour attirer les votes intéressés des homosexuels ou était-ce une vraie conviction sociale? Nous ignorons si l’important c’est le rose ou la ruse. A l’inverse, une branche dissidente du PS hostile à ce vote, risque de faire capoter le projet. La communauté gay se réjouissant un peu rapidement de cette ébauche démocratique devra probablement faire une croix dessus. Dieu se rapproche des hommes mais pas trop quand même.
A juste titre, le magazine têtu s'entête à lutter contre cette forme de discrimination. Cette photo culte devient du pain béni pour tenter de changer les mentalités réfractaires. J’ai la sincère impression qu’une frange décoiffée du peuple français se désolidarise autant que nos partis politiques. En définitive, les couples lesbiens aimeraient se passer la bague au doigt sans se faire pigeonner. 
Ce baiser osé n'aura jamais fait autant de bruit. Bien plus qu'un simple smack. D'ailleurs, c'est si bon que les mauvaises langues en ont fait des bonds.

Hervé Gaudin.