lundi 6 janvier 2014

Paris à tout prix


©liberation.fr 

Macadam cobayes

Dans la course aux prochaines municipales, certaines figures politiques sont prêtes à tout pour accéder au siège très convoité de la Mairie de Paris. Nathalie Kosciusko-Morizet en tête pose clope au bec avec des SDF et du coup, la polémique enfle. Son look désinvolte à la James Dean peut séduire mais la comédie ne prend pas. Ce cliché monté de toutes pièces respire la pure récupération pour la personnalité la plus parachutée du moment. Malgré le tollé, les partisans de la cause UMP avancent la probabilité d'un montage photographique sur lequel on la voit adossée à un mur de pierre. Le regard attentif, l’allure faussement décontractée, elle ressemble à une héroïne de Nicholas Ray. Pire encore, elle incarne presque cette bourgeoise bohème incarnée par la gauche bien pensante. A bien y réfléchir, serait-elle finalement une socialiste contrariée durant des années par une éducation catholique exacerbée et des valeurs conservatrices?
Quoiqu'il en soit, NKM se donne un mal de chien pour contrer sa rivale Anne Hidalgo promise «logiquement» à la succession de son mentor, Pierre Delanoë, le petit père des tramways nommés Désir. Pour gagner ces élections capitales, ça trime à tout va à l'heure où les bus vont bon train dans les couloirs à double sens. L'élue de Longjumeau (91) s'émancipe aux côtés de ses compatriotes en se promenant dans les avenues populaires, imite nos aimables facteurs au rythme d'un porte à porte chaleureux et à l'image d'une parodie des Guignols, risque sa vie dans les rames du métro en se réjouissant des belles rencontres imprévues de la ligne 8 et 13. Avec une éloquence digne des poèmes homériques, elle évoque sa vision utopique de la réalité urbaine vécue au quotidien par des milliers d'usagers.
Ah! nous n'avons sans doute pas rencontré en heure de pointe le même cadre dynamique accroché à la barre métallique abandonné par son déodorant bon marché évaporé sous des aisselles suintantes, l’obsédé sexuel à la main baladeuse, Dédé l'alcoolo écroulé sur le banc déserté par une foule impassible ou Nicole à la cinquantaine bien tassée et les jambes écartées vers le monde, absorbée dans la lecture du dernier Paolo Coelho. Vraisemblablement, la magie du métropolitain n'opère pas pour tout le monde. Depuis la chute de Sarko en mai 2012, l'Iznogoud de service qu'elle incarne veut s'asseoir sur le trône magistral de la ville lumière sans briller pour autant. Lors de ses sorties médiatiques, elle voudrait être aimée mais elle n'y parvient pas. Alors, son jean Levi's moulant, les cheveux à la racine foncée lâchés sur les épaules ne trompent personne lorsqu'elle joue la carte de la proximité avec ceux qui vivent dans une précarité extrême. Prochainement, je l'imagine siffler une bière devant un match de foot ou mener une chenille avec entrain dans un mariage beauf. NKM foule le macadam en quête de rencontres insolites non seulement pour tester sa popularité mais pour se rendre juste sympa. Les vrais parisiens ne sont pas dupes pour autant. Si Nat' veut éviter l'échec et mat, elle devra adopter une méthode plus adéquate sinon elle regagnera aussitôt ses pénates. Loin de la capitale.

Hervé Gaudin.

jeudi 2 janvier 2014



Je vous souhaite à tous une belle et heureuse année 2014.

Les Minicroniks continuent à vivre grâce à votre fidélité et vos nombreux soutiens.

Merci.

Hervé Gaudin.


vendredi 29 novembre 2013

L'âge de glace



La piste sans étoiles

En piste ça glisse mais pas forcément au pays des merveilles. Critiquée sur les réseaux sociaux, la nouvelle télé-réalité de M6 n'a pas gelé les doutes fondés dès le départ. Malgré un décor sympa, coloré, moins froid que nos patinoires humides en île-de-France, le spectacle s'est essoufflé très rapidement. Le concept honteusement copié sur "Danse avec les stars" a fort mal débuté suite au forfait de Marion Bartoli remplacée au pied levé par Tatiania Golovin, blessée par malchance pendant les entraînements. Se sont ajoutés les déboires physiques de Merwan Rim qui a tâté du hockey durant sa jeunesse et Norbert Tarayre bien plus à l'aise devant les fourneaux que sur un salchow. Ces pépins express ont  bien entaillé l'image fragilisée du programme.
Sur la forme proprement dite, copier c'est bien mais coller c'est mieux. La danse de salon ne ressemble pas au patinage artistique. Ce sport devient beau lorsqu'il est bien pratiqué. Regarder des novices se dandiner à chaque pas hésitant s'avère ennuyeux. La marche de l'empereur se savoure davantage sur une banquise. Outre une technicité à part entière, évoluer seul ou à deux sur la glace demande un équilibre incroyable, un travail éreintant et par-dessus tout, une dévotion absolue pour cette matière insensée qui fout la trouille.
Parmi les coaches, Philippe Candeloro, figure emblématique de ce sport tire son épingle du jeu. Grace à sa bonhomie, ses connaissances pointues, son humour potache et sa mauvaise foi, il emballe le public à chaque intervention. Le costume lui sied à merveille. Et pourquoi ne pas avoir tenté de le propulser au rang de présentateur? Même si le sourire charmeur de Stéphane Rotenberg enchante la ménagère de moins de 50 ans, il se perd un peu dans des commentaires interminables à chaque prestation.
En arrière plan, un jury silencieusement suspect se contente de voter. Après l'école des fans, voici l'école des fanés ou la renaissance ponctuelle de vieilles gloires oubliées. Certains font la tronche, d'autres affichent un sourire crispé. Ça ressemble vraiment à la réalité.
Sous les spotlights, Clara Morgane reine de la cabriole dans des films inavouables s'est montrée gracieuse dans un rôle de voltigeuse. Trois secondes de glisse ne parviennent pas à me convaincre. D'emblée ma préférence se porte pour sur Florent Torres, impressionnant de facilité. Quand on a joué dans la comédie musicale Dracula, rien de plus normal que de garder son sang froid.
Kenza Farah paralysée par l'ampleur de la tâche affiche un potentiel prometteur. Pour cela, elle devra accepter l'approche tactile en couple et surmonter sa peur. Sinon, c'est la gamelle dans tous les sens du terme.
Les spécialistes émérites sont probablement restés de glace devant leur écran plasma car l'émotion n'est palpable à aucun moment. La chanson "Femmes je vous aime" interprété par le cuisto rigolo ne m'a pas donné la lame à l'œil. Trop de raideur ne font battre le cœur.
Ce programme un tantinet improvisé s'avère au final beaucoup trop long. En plus, on doit se coltiner des "after". On y raconte les coulisses souvent anodines, les fous rires, les pleurnicheries et les enfantillages. Tatiana Golovin sous la douche me paraîtrait bien plus reluisant.
Enfin, Surya Bonaly faussement sévère et Gwendal Peizerat trop lisse n'ont guère pesé sur la balance. Leur présence manquait simplement de mordant. J'ai détesté voir Sarah Abitbol éliminer son élève. Pourquoi ne pas se contenter du vote du public ou du trucage avancé?
Le concept bâclé gagnerait à être corrigé  en y ajoutant des défis et en supprimant les ballets inutiles sans toutefois transformer le programme en Intervilles pour débiles boiteux.
Les meilleurs devraient logiquement évoluer jusqu'au bout de l'ennui. À moins que le miracle se produise.
En attendant, Ice show devant!

Hervé Gaudin

mardi 19 novembre 2013

Jusqu'au bout du rêve



Pourquoi le Brésil?

Si le titre du roman de Christine Angot m’inspire une réflexion mûrie depuis mon esprit vif et sportif, ce n’est certainement pas le fruit du hasard.
L’équipe de France bafouée en terre ukrainienne devra se racheter bien plus qu’une conduite de balle pour espérer s’envoler vers le pays de la samba, de Gilberto Gil et du Christ de Corcovado. Alors voilà, pourquoi le Brésil? Nos bleus éclaboussés par la fuite honteuse de leur responsabilité en Afrique du Sud et par un match à oublier vendredi dernier, devront sortir l’artillerie lourde afin d’évincer les doutes persistants sur leur envie viscérale de se qualifier pour la plus glorieuse des compétitions. Nous rêvons tous de cet exploit salvateur, du moment parfumé aux essences de sueur et de terre, de ces trois ballons plantés au fin fond des filets adverses. Cependant, la majorité de nos compatriotes condamnent le manque de ferveur patriotique au sein de cette sélection et pour le coup se satisferont d’une défaite tricolore. Selon eux, nos Bleus ne méritent pas de représenter notre pays en Coupe du Monde. Les spécialistes accoudés au bar PMU du coin reprochent aux joueurs de mépriser l’hymne tandis que nos rugbymen s’égosillent fièrement à Eden Park ou dans l’enceinte de Twickenham. Le monde de l’ovalie regorge de vrais supporters, d’hommes, de femmes et d’enfants qui froissent leurs drapeaux dans la victoire et la défaite. A chaque rencontre, ils se saluent, se congratulent, chantent et pleurent ensemble. Peu importe l’issue d’un match, l’important est d’être là. Nos footballeurs auront à cœur de défendre leurs couleurs à domicile. J’en suis convaincu. Ne laissons pas le temps effacer les bons souvenirs, ne laissons pas les remords envahir nos esprits abattus par un regrettable épilogue, ne laissons pas l’amertume baigner dans nos veines. Dans les tribunes et sur le terrain, formons nos bataillons. Levons nous et marchons tout droit vers un but commun: l’honneur.
Alors pourquoi le Brésil? Tout simplement parce que nous sommes fiers d’être français.

Hervé Gaudin.