mercredi 9 juillet 2014

La loi du terrain


La samba s’en va

Les prières n’ont pas suffi pour éviter le pire. Et les larmes couleront longtemps sur les joues maquillées des aficionados. Hier, le chagrin d’une nation entière transpirait aux quatre coins de la planète football. La Seleçao tombe en ruines sous la fronde guerrière de la Mannschaft. La presse internationale se lâche pour définir cette défaite dite historique: débâcle,  naufrage, débandade, désastre, écroulement, catastrophe, effondrement, désordre, chaos, déconfiture, déliquescence, perdition, banqueroute, déroute, naufrage, désolation, trahison. Tous les mots sont permis. Comme les coups du sort qui abîment l’espoir. Une question s’impose: l’équipe brésilienne est-elle finie? On pourrait en parler des heures autour d’une table basse où s’éparpillent des restes de pizza de la veille, des bières éventées et des bouteilles de soda gondolées. Bref, cela ne sert à rien d’analyser à la lettre le jeu d’une équipe écrasée sous le joug implacable de la sélection allemande. Fortement perturbée par l’absence de Neymar, le maître à jouer et la suspension de Thiago Silva, critiqué fortement depuis le début de ce mondial, l'équipe était déjà amorphe au coup d’envoi de cette demi-finale. Le kick off s’est rapidement transformé en kick ass à la 30ème minute sous les yeux humides des supporteurs ébahis, choqués, anéantis. Sous la houlette de Joachim Löw, tacticien hors pair, les Müller, Khedira, Klose, Schürrle et consorts ont joué le coup à fond sans mépris. Avec une décontraction déconcertante et un réalisme à toute épreuve, ils ont relégué le pauvre Julio Cesar aux rangs des gardiens les plus mauvais de ce tournoi. Quand tranquillité et efficacité ne font qu’une, la Mannschaft mange du brésilien. Mon inquiétude se porte sur un David Luiz, trop faible mentalement pour porter sur ses épaules une défense bien trop fragile. Paris a misé gros sur lui au début du mercato estival en finalisant un transfert proche de 50 millions d’euro (plus un bonus de 10 millions). Cet achat compulsif devrait amener les dirigeants à une vigilance accrue lors de ses prochaines  prospections. Enfin, nous nous accordons à penser que Neuer règne sur le trône des portiers surhumains.
De surprise en surprise, la compétition nous emmène vers des épilogues improbables. On parie d’avance sur un succès argentin mais n’oublions pas que bataves restent chanceux. Même si Cocu ne joue plus, l’adjectif serait de bon aloi. La messe n’est pas dite avant que Messi et les siens démontrent une vraie envie de figurer sur le "hall of fame" des champions du monde. Belo Horizonte aurait pu devenir l’arène du bal mais la samba s’en va pour laisser place à l’immobilité. Les rues sont désertes, les maracas se taisent, les plages se couvrent de honte. Contre la malédiction, on ne peut rien. Tous les bras tendus vers le ciel de Rio attendent le miracle. Jonché au sommet du Corcovado, le Christ rédempteur n'en a pas la moindre idée.

Hervé Gaudin

mercredi 2 avril 2014

Le Valls des pantins


©lefigaro.fr

Ministères amers

Le remaniement annoncé, l'opinion publique avertie, je me demande où s'inscrit la logique stratégique de Manuel Valls? En août 2013, il s'oppose à la loi pénale de Christiane Taubira et choisit néanmoins de la conserver à la Justice. Décriée, critiquée, conspuée par des mesures inappropriées aux attentes des français en matière de sécurité, elle doit changer sa conduite pour éviter un carton rouge synonyme d'expulsion du terrain politique. Celui que le Front National n'a pas manqué de brandir lors des récentes élections municipales.
Dans la lignée, nommer Ségolène Royal à l'Ecologie, c'est offrir de la camelote à un pote après un voyage touristique. Tu t'en fous mais tu sais que ça lui fera plaisir. Enfin, élargir le rôle de Montebourg, roi du redressement improductif en lui offrant un fauteuil risqué à Bercy, c'est nommer un crocodile au Ministère de la maroquinerie. Arnaud, c'est le gars pétri de bonnes intentions (via son fameux prototype Made in France) mais son combat est vain. Autant franchir l'Everest en espadrilles. Dans une mondialisation exacerbée et indétrônable, son action se limite à de grandes phrases patriotiques. La gagnante du jour s'appelle Najat Vallaud-Belkacem ou la petite protégée de notre président caramélisé. J'ignore si elle s'est assise à la place arrière de son scooter mais elle avance à vitesse grand V comme... Valls bien entendu. Avec une popularité peu affirmée au sein de la précédente majorité, notre Premier Ministre se complaît dans la continuité en laissant les postes clés aux amis Hollandais, Hollandistes ou Hollandiens (voir l'article du 07 mai 2012 - Libération). Fabius, Sapin, Filippetti, quel ennui! On prend les mêmes et on recommence. Prudence n'est pas mère de sûreté voire de réussite. La mise aux Verts n'aura pas lieu non plus. Duflot prend la poudre d'escampette en refusant une bonne place. Trop bête ou trop honnête, elle met en péril son avenir politique. Pour le groupe écologiste, cela ressemble à la chanson: "EELV, lève toi et danse avec Cécile". Elle ne reviendra pas de sitôt dans un gouvernement sauf si les animaux et les plantes remportent le droit de vote en 2017. Avec Hollande, tout reste possible.
Depuis l'époque Mitterrandienne, existe-t-il aujourd'hui de grandes figures politiques au PS? Le parti souffre d'une carence charismatique. Idéologiquement, les socialistes se perdent dans ses illusions économiques en s'accrochant tristement au passé. Je ne pense pas qu'ils soient tous mauvais mais ils sont particulièrement mal utilisés. Comme l'illustre cette photo, notre nouveau premier ministre vise bien plus haut (on le saura en 2017) mais François ne le sait pas. Je trouve que son parcours est proche de celui de Nicolas Sarkozy dont les idées demeurent assez proches mais Manu ne le dit pas. Cette période transitoire rime avec des ambitions de haut vol. Au beau milieu de ces ministères amers, plane un doute sur l'identité politique de ce chef de file réputé pour sa dureté. Certains le disent imbu de lui-même. Les autres apprécient sa pugnacité. Le Valls des pantins tire habilement les ficelles. Pour cette raison, je le vois bien s'asseoir sur le fauteuil confortable de l'Elysée dans trois ans. A notre tour, nous deviendrons ses marionnettes.

Hervé Gaudin.

mercredi 19 février 2014

Kiss and Tale


©lequipe.fr

Gazon maudit
Tel épris qui s'est fait prendre.
 Olivier Giroud, l'avant-centre de l'équipe d'Arsenal aurait dû ranger son artillerie lourde dans son boxer moulant trois pièces tout confort.
 Celia Kay, prostituée de luxe d'un genre nouveau, a roulé dans la farine épaisse son client suite à leur rendez-vous coquin en terre infidèle. Dès sa mission accomplie, la jolie demoiselle s'est empressée d'alerter une certaine presse malfaisante pour déverser son venin acide sur les rives limpides du mariage. Des photos explicites montrent le sportif à la porte d'une salle de bain, le torse nu et le sourire aux lèvres. Les siennes fort heureusement. Le plaisir tarifé coûte cher à la belle gueule d'amour que l'on croyait imperméable aux tentations extra conjugales. Sur twitter, le repenti semble bien désuet face à l’humiliation qui s’ensuit. Piégé, le joueur s’est confondu en excuses auprès de son épouse légitime, sa famille, ses coéquipiers, son club et ses supporters. Manque à l’appel son banquier, son assureur automobile, le jardinier de l’Emirates Stadium. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’il a sali son couple et son honneur. C'est la honte mais on s'en fiche! Aux dernières nouvelles, un simple échange labial et linguistique émanerait de cet adultère. En Angleterre, on s’embrasse juste et on discute (ça s'appelle le kiss and tell). Dans mon «kiss and tale» à moi, le gentil sportif arrive fraîchement au volant de son coupé cabriolet briqué à neuf pour délivrer de son hôtel 5 étoiles, la pulpeuse catin en lingerie fine cousue de dentelle noire. Pris par le temps, le beau gosse habité de toute allégeance se lance houppette au vent et portefeuille garni au secours de la pauvrette déjà étourdie sur les draps de satin qui ont été souillés par un arrière gauche de Manchester United la veille au soir. Alerté par une soif revancharde, il s’affranchit de sa hardiesse en lui glissant dans un poème langoureux les règles d’or de la FIFA. Main dans la main, assis au bord de ce lit de fortune, ils s'inventent des projets à quelques mois de la coupe du monde au Brésil. Romantisme, quant tu nous tiens..
Revenons à cette sombre réalité où l’immoralité s’entiche des moindres écarts. Les tabloïds anglais se régalent de ces histoires à l’eau de ruse. Comme un gardien protégeant ses cages inviolées depuis 89 minutes de jeu, les naïfs footeux plongent tout droit dans ces arnaques grosses comme le poing. Au final, peu importe que le Gunner ait dégainé son gun, on ne retient que le mauvais geste. Adepte des règlements de premier ordre, je m'autorise à donner un conseil à celui qui oserait fouler d'autres pelouses moins synthétiques. Qu’il vienne de la silhouette sculpturale d’un mannequin d’un soir ou d’un terrain anglais, le gazon est souvent maudit.

Hervé Gaudin.

PS: Gunner (cannonnier): joueur du club d'Arsenal.

lundi 3 février 2014

Tournage


DE LA CASQUETTE A LA TABLETTE


A la pointe du progrès, la communauté de communes de Sumène-Artense met en place un nouvel outil permettant à la fois de moderniser les visites guidées et de valoriser les sites remarquables (classés au patrimoine) ou les sites touristiques de première importance. Dans cet élan de modernité, il portera le nom d’application numérique du territoire, téléchargeable sur smartphone et autres supports informatiques.
A partir du mois de juillet, l’office de tourisme mettra normalement à disposition des tablettes qui donneront accès à un circuit vaste, précis et surtout facile d’utilisation en langue française et anglaise.
Cinq films sont en prévision faisant suite à la réalisation d’un premier sur le pic de Charlus et d’un second sur l’église romane de Ydes bourg, ancienne chapelle érigée par les Templiers au 12ème siècle dont le tournage eut lieu le lundi 3 février 2014.
Pascale Chappot, guide conférencière accompagnée de deux membres de la société de films institutionnels «Brain production», nous y apporte ses connaissances pointues de cette époque. Au terme de ce film, le condensé ne corrompt pas l’envie de passer la porte de cet édifice.
Désormais, le guide touristique change de forme sans toutefois changer de formule. La visite ne s’orientera pas vers des chemins virtuels mais assurément vers l’histoire passionnante de la région cantalienne aux multiples découvertes.


Hervé Gaudin.