vendredi 27 septembre 2013

Ma première publication!


La main à la patte

Par le plus heureux des hasards, j’étais de passage à Ydes Bourg, village cantalien ancré dans une campagne luxuriante et aux parfums végétaliens enivrants. Un musée aussi étonnant qu’instructif m’a ouvert généreusement ses portes. J’y ai trouvé des espèces rares d’insectes importés des quatre coins du globe (plus de 3500 spécimens au total). C’est un voyage initiatique au cœur de l’entomologie (science des insectes) que je vous invite à découvrir grâce aux connaissances de Jérôme Trombetta et à la ferveur patrimoniale de Jean-Claude Saisset. En parfaite harmonie, ils ont à cœur de préserver l’ouvrage de Monsieur Pierre Lachiver qui ouvrit ce lieu en 1984.
Une diversité liée à un travail méticuleux.
Les amateurs de papillons multicolores se plairont à trouver la perle rare. De la plus petite espèce à la plus grande, les enfants adopteront leurs formes nuancées. Malgré nos tempéraments phobiques, les scorpions soigneusement figés dans leur cadre de verre ne piquent pas et la mygale semble presque amicale. Par conséquent, vous ne craignez rien à part le plaisir de passer un bon moment à la découverte des phasmes d'Indonésie ou des criquets géants d’Amérique du sud. D’un point de vue technique, les normes de conservation respectent toutes les règles établies. Monsieur Trombetta s’inspire du métier de taxidermiste en ce qui concerne les gros insectes. Son travail minutieux consiste à vider, nettoyer puis redonner une forme originelle aux troncs. Concernant les lépidoptères, il prône un étalage classique. L’usage du papier cristal s'avère primordial à la bonne conservation des ailes. La fragilité des antennes requiert également une attention particulière. Le matériel choisi se compose d’aiguilles entomologiques sélectionnées en fonction de la taille de l'espèce ainsi que de produits de conservation comme  des pastilles dérivées de la naphtaline (pour les lépidoptères), le créosote de hêtre, l'essence de thym ou de lavande. Ces huiles concentrées assurent la prévention contre les larves d’anthrène qui dévorent le corps des insectes. Dès lors, nous comprenons aisément le temps imparti à l'élaboration des présentoirs.
Nature et découvertes
Des fiches explicatives très accessibles sont disponibles lors de la visite. La présentation des cadres respecte un schéma précis selon les continents, la localisation et l’environnement. L’Europe et le reste du monde y sont clairement représentés. Des projets d’intronisation d’espèces vivantes ainsi que des partenariats avec des écoles sont à l’étude dans le cadre d'une initiation éducative. Soucieux de l’image négative renvoyée par leur aspect, Monsieur Trombetta souhaite instaurer des boîtes d’insectes utiles à notre quotidien sans toutefois faire oublier les vrais nuisibles. Au cœur de ce site accessible aux personnes à mobilité réduite, cette riche collection s’inspire de notre monde qui regorge d’individus admirables. Que ce soit avec les yeux ou le cœur, il ne vous reste plus qu’à le cueillir.

Hervé Gaudin.

mercredi 14 août 2013

Accords parfaits


La voix du cœur
L’été cantalien aux errances contemplatives se pose un instant en l’Eglise Saint-Georges d’Ydes bourg dans un élan purement altruiste. En ce dimanche 18 août 2013 à 18h, Chloé Bourdial, soprano et Nicolas Saunière, organiste médaillé, unissent leur talent respectif pour les Virades de l’Espoir 2013. Honorés d’apporter un souffle à ceux qui en manquent, ils ont à cœur de défendre cette grande cause dans une parfaite harmonie musicale. Dans un lieu sacré où le recueillement s’impose, je vous invite à découvrir la voix de cette jeune étudiante du conservatoire d’Aurillac épouser merveilleusement les notes frémissantes d’un répertoire soigneusement étudié. Au cœur d’un récital classique, vous trouverez l’esprit baroque de l’œuvre enjouée de Vivaldi, la religiosité jubilatoire d’Händel ou le génie mélodique de Bellini. D’autres compositeurs ajouteront une dimension spirituelle à ce duo véritablement authentique.
Au terme de ce concert unique, tous les fonds récoltés aideront les enfants atteints de la mucoviscidose. Que les néophytes ou les amoureux de la grande musique se réunissent dans cet édifice du XII siècle en imaginant que la maladie s'arrête le temps d'une cantate imaginaire.

Hervé Gaudin.

vendredi 2 août 2013

Mystère et Boule de gomme


Fort braillard
En cette période caniculaire, les esprits s’échauffent. Précisément sur la longe de Boyard où ça ne va pas très fort. La Boule (Yves Marchesseau à la ville), célèbre geôlier de l’émission phare de France 2 a le moral à zéro. Selon ses propos tenus récemment dans les colonnes du quotidien Sud-Ouest, il déplore les conditions de tournage assimilées à du travail d’usine. Les enregistrements s'enchaînent tandis que les critiques se déchaînent. Probablement fatigué entre deux coups de gong tonitruants, il persiste et signe en catapultant un boulet de canon en plein visage de Jean-Pierre Castaldi qui anima le jeu estival entre 2000 et 2002 lui reprochant notamment d’avoir fait couler l’audience. Grande gueule en dehors comme en dedans, Castaldi castagne à son tour. A son époque déjà révolue, il défend une audience bien plus élevée que les chiffres actuels (environ 29% de parts de marché contre 17,5% aujourd’hui) et se demande si son accusateur ne serait pas en train de perdre la boule. Après vingt ans de routine, nous pouvons aisément comprendre la lassitude de ce gardien prisonnier - à son tour - de ce rôle ingrat. Sans parler de son physique atypique beaucoup plus effrayant que les bébêtes poilues, grimpantes ou visqueuses des épreuves effroyables, il craint à son tour de passer à la trappe comme son copain Passe-Temps remercié en 2010. Ceci dit, la Boule ne bulle pas hors antenne. Accompagné de son acolyte Passe-Muraille, il fait la promotion des produits régionaux dans les supermarchés. Gras comme un cochon, je l’imagine vanter la saveur poivrée d’un saucisson d’âne ou le savoir-faire d’une terrine forestière aux cèpes. Croisons les doigts pour le maton le plus sympathique de la télévision et souhaitons lui des lendemains moins ronchons. Que sa rancune cathodique plonge à jamais dans les profondeurs de l’océan où gisent quelques indices irrécupérables. Au fil du temps, l’émission a perdu de sa superbe. Les épreuves deviennent très (ou trop) difficiles voire inadéquates au concept dit historique. Qui a eu l’idée saugrenue de la cellule interactive? On se croirait dans un jeu vidéo vintage aux graphismes similaires à Space Invaders. Sur un échiquier électronique, les candidats triés au volet, écrasent des araignées virtuelles pour sortir une clef rouillée. Moderne mais grotesque! Je cuisine à ma manière Willy Rovelli qui distribue des makis aux yeux de saumon ou des rollmops aux testicules de bouc sans oublier de nous gaver avec ses mauvais jeux de mots. Rien de bien difficile: tu gobes, tu avales, tu grimaces d’une manière écœurée et tu empoches une nouvelle clef. Enfin, la lutte impossible avec Mister Boo suscite un intérêt en dessous de zéro. A part John Cena ou Triple H*, qui peut humilier le colosse en le roulant dans une boue épaisse? Attaché à la gériatrie audiovisuelle, je préfère le père Fouras toujours loquace et tellement efficace. L’émission finira un jour ou l'autre par s’essouffler contre vents et marées. Les vagues déferlantes qui s’abattent sur ce vaisseau de pierre paraissent moins dangereuses que les scandales de bas étage. Et malgré les querelles de passerelle, au fort Boyard, ça ressemblerait presque à la vie de château.
Hervé Gaudin.

* John Cena et Triple H sont des stars de la WWE (catch américain).


mercredi 10 juillet 2013

L'affaire est dans le sacre


©express.fr

Argent trop cher ?
La valse élancée des billets doux donne le tournis à Bernard Tapie en ce bel été 2013. Le manège désenchanté des gros dossiers impliquant l'homme d'affaires le plus scruté du pays, lui fait tourner la tête et par-dessus le marché, aspire à lui vider son compte en banque bien fourni. La justice collée à ses basques a demandé la saisie de ses biens personnels et non des moindres: deux assurances-vie d’un montant impressionnant de 45 millions d’euros, les parts sociales de son hôtel particulier parisien de la rue des Saints-Pères (69 millions d’euros), la villa «Mandala» à Saint Tropez acquise pour la bagatelle de 48 millions d’euros. Après l’affaire du Phocéa, son navire pécuniaire prend l’eau. Pourquoi tant d’acharnement envers notre businessman à la gouaille d’un boucher de province qui joue avec les sociétés en faillite comme un enfant de six ans au Monopoly? Petite piqûre de rappel pour comprendre les faits. En juillet 1990, le groupe Tapie se porte acquéreur d’Adidas auprès des sœurs Dassler, héritières du fondateur de la marque aux trois bandes. En 1992, François Mitterrand demande gentiment à Nanard combinard devenu Ministre de la ville de vendre la célèbre firme afin d’éviter tout conflit d’intérêt. C’est alors que le nouveau membre du gouvernement socialiste fait appel à sa banque Le Crédit Lyonnais pour s’occuper du bébé. Mais cette dernière reniflant le bon plan, s’est bien gardée de dévoiler toute la somme perçue de la vente réalisée. Pas folle la guêpe! Nanard aussi avare que roublard fonce dans le lard pour réclamer sa part. Aussitôt dit, aussitôt pas docile, il fit un procès à sa banque. Le juge arbitre Estoup chargé de trancher objectivement dans le biftek a donné raison à Monsieur Tapie. Or, ce juge connaissait bien Maître Lantourne, avocat de l’intéressé. De prime abord, ça sent l'entourloupe. A l’issue du procès, le chanceux savoure un pactole de 405 millions d’euros après vingt ans de procédure. En matière de sexe ou de petite monnaie, quand c'est long, c'est bon. Accusant Nanard d’avoir traficoté pour obtenir gain de cause, l’Etat s’en est mêlé. Evidemment, le Crédit Lyonnais lui appartient à moitié. Alors qui dit pognon, dit impôts. Et vice versa. Dans le jargon judicaire, on appelle ça une escroquerie en bande organisée. Même à trois. Décidément, Tapie n’est pas chanceux avec les arbitrages. Un autre scandale qui déclenche en 1993 un tollé monumental dans le milieu du football (Affaire VA-OM) montre le talent de cet homme pour la corruption et le jardinage (ou comment une enveloppe garnie joue à cache-cache dans un jardin). En football ou en affaires, Nanard sait y faire. Récemment, il aurait tenté de faire jouer certaines relations à TF1 pour donner un bon coup de pouce à sa fille Sophie, candidate malheureuse dans l’émission «The Voice». Qui ne tente rien n'a rien. Ne faut-il pas "battle" le fer tant qu'il est chaud? Le directeur du casting aurait démenti cette honteuse rumeur. A cause de sa mauvaise réputation, on ne sait plus si c’est du lard ou du cochon. Malgré toutes ces histoires de gros sous et d'escroqueries mesquines, je suis persuadé que l’ex chanteur, acteur, arnaqueur, businessman cambrioleur saura rebondir ici et ailleurs. A l’heure où le classement des plus grosses fortunes françaises s’exhibe sur le net, je me pose cette question ancestrale sur ce moyen d'échange aux dérives excessives. L’argent est-il devenu trop cher? Quoiqu'on en pense, l'avis n'a pas de prix.

Hervé Gaudin.